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Le site Le Corbusier de Firminy est unique en Europe et, après celui de Chandigarh en Inde, le second site urbain d’importance au monde dans l’œuvre du célèbre architecte.
... l'ont été à la demande d'Eugène Claudius-Petit, ancien
ministre de la reconstruction et de l'urbanisme sous la VIe
République et Député-Maire de Firminy de 1953 à 1971. Celui-ci
avait noué une relation amicale avec Le Corbusier, rencontré en
1946 lors d'un voyage aux Etats-Unis ; il lui confiera
l'élaboration et la réalisation du « centre civique » de
Firminy.
Le site incarne une des idées fortes de Le Corbusier, la fusion et
la coexistence entre trois grandes activités humaines : la vie
culturelle et les loisirs, le sport, et le culte.
Le Corbusier dessine cet ensemble architectural et urbain de 1954
à 1965 mais décède accidentellement en 1965, avant le début des
travaux. L'église devait en être le point d'orgue mais connait des
problèmes de chantier et souffre du manque de financement. Le chef
d'œuvre reste inachevé comme une carcasse béante pendant plus de
quarante ans. En 2006, c'est José Oubrerie, qui avait assisté Le
Corbusier lors de la réalisation des études et démarré la
construction, qui en assure l'achèvement, mandaté par Saint-Etienne
Métropole.
Firminy est désormais dotée de l'ensemble le plus important
d'Europe de bâtiments créées par Le Corbusier et a déposé un
dossier de classement de son œuvre au patrimoine mondial de
l'UNESCO.
La Maison de la Culture et de la Jeunesse est le seul bâtiment qui
ait été construit intégralement du vivant de l'architecte et
inaugurée par lui le 21 mai 1965.
Le bâtiment, en béton brut de décoffrage, fait 112 m de long et 14
m de large. Il est organisé sur 3 niveaux et composé de seize
travées de 7 m et coupé par deux joints de dilatation. L'un des
pignons est orné d'une fresque exécutée au coffrage du mur et
représente les arts majeurs pratiqués pendant l'année dans ce
lieu.
Pensé par Le Corbusier en 1954, le stade est réalisé
d'après ses plans de 1966 à 1968. Ses tribunes forment un pendant à
la Maison de la Culture qui surplombe son terrain de jeux. Le stade
a une capacité de 4180 places dont 3780 assises et 500 places
abritées. Il est surmonté d'un auvent en béton armé de 15,50m. Le
concept de 5e façade, cher à Le Corbusier, se retrouve dans le
stade avec un « boulevard des spectateurs » qui permet d'accéder
aux gradins par le haut.
La mort de Le Corbusier, peu après la pose de la première
pierre, conduit Eugène Claudius-Petit à faire appel à André
Wogenscky pour l'achèvement de la maîtrise du projet d'unité
d'habitation. Wogenscky avait travaillé avec Le Corbusier d'août
1945 à janvier 1956 et reprend naturellement le projet jusqu'à son
achèvement en octobre 1967.
L'Unité d'habitation de Firminy mesure 130, 35 m de long sur 21 m
de large et 50 m de haut. Elle comprend 414 logements, soit 18
niveaux de 2,26 m.. A la hauteur totale viennent s'ajouter l'école
et le toit terrasse. Cette composition de « cité-jardin verticale »
en fait la plus grande des 5 existantes dans le monde (Marseille,
Nantes-Rezé, Berlin et Briey-en-Forêt).
Le Corbusier propose un nouveau concept urbain matérialisé par des
unités d'habitation. Le principe général, respecté à Firnimy, se
décline comme suit : une densification verticale de l'habitat, soit
400 logements ou 1500 personnes environ, dans des unités de 130 m
de long, 20 m d'épaisseur et 50 m de haut. Les appartements sont de
six types différents. Ces différentes combinaisons permettent de
former des appartements de 2 étages et cette solution a été adoptée
dans tous les cas. La disposition permet aux appartements d'être
orientés, à leurs 2 extrémités, Est et Ouest. Cet emboitage, qui
intéresse deux ou trois niveaux de plancher, se fait autour d'un
couloir longitudinal de circulation horizontale dit « rue
intérieure » qui permet l'accès d'un côté aux appartements dont les
chambres sont au dessus de la salle commune. Les appartements sont
dits « montants » lorsque les chambres sont au-dessus de la salle
commune et « descendants » dans le cas contraire.
Clé de voûte du projet, ce bâtiment doit permettre de
magnifier et de finaliser la perspective du site.
Le Corbusier, assisté de José Oubrerie et de José Luis Miquel,
avait réalisé toutes les études pour l'œuvre, dont la construction
commencera cinq ans après sa mort. Le chantier en proie à de
nombreuses difficultés sera interrompu à plusieurs reprises. Les
travaux reprendront en 2003.
L'église est le troisième volet de la trilogie corbuséenne qui
comprend la Chapelle de Ronchamp (1955 - Haute-Saône) et le Couvent
de la Tourette (1959 - Evreux-sur-l'Arbresle - Rhône) déjà
considérés comme des chefs d'œuvres de l'art sacré du XXe
siècle)
L'édifice se présente sous la forme d'une pyramide asymétrique en
béton, avec une base carrée de 25,50 m de côté évoluant en un cône
tronqué, qui culmine à 33,09 m du sol. Flanquée d'une rampe d'accès
et d'une multitude de détails sculpturaux, elle abrite l'espace de
culte au niveau supérieur et des espaces culturels en son socle. Le
Corbusier a voulu créer un contraste architectural entre la
légèreté de la base et la masse imposante de la coque de béton se
terminant en tronc de cône coupé oblique. La base s'ouvre par de
larges baies aux quatre angles de la pyramide, scandée par des murs
en béton brut de décoffrage.
C'est dans la nef que se révèle dans leur ampleur l'élévation de
l'édifice et le jeu contrasté des entrées de lumière. Pour
restituer dans une géométrie résolument moderne l'ambiance de
recueillement des églises romanes, Le Corbusier crée une atmosphère
de grotte mystique : de minces lucarnes horizontales sont placées
de telle sorte que leur lumière arrive au-dessus de la tête des
fidèles et diffuse avec parcimonie le jour réfléchi par le sol
terrestre, tandis que trois canons à lumière orientent l'éclairage
céleste vers les espaces symboliques. Deux ouvertures situées au
plafond de la nef produisent un intense jour zénithal, tandis que
la troisième dirige depuis la façade ouest un faisceau calculé pour
éclairer le maître-autel.
Une des façades abrite une série de petites ouvertures au dessus
du maître-autel, réparties en surface pour former, vu de
l'intérieur, d'éclatantes stries de lumière, comme directement
venues du ciel. Le Corbusier avait prévu ce type d'installation
qu'il appelait « constellation ». Mais c'est José Oubrerie et
François Jarmond qui eurent l'idée de proposer la « Constellation
d'Orion ». Son observation est un spectacle magnifique et elle a la
particularité d'être visible de la terre entière.
Pour aller plus loin : consultez l'article "Objet à réaction poétique"
Extrait de Construction Moderne n°126
Tous ces bâtiments bénéficient du classement au titre des Monuments Historiques et sont ainsi protégés par l'Etat français qui les a reconnus comme richesse historique et artistique du pays.
Pour en savoir plus :
Voir le site : http://www.sitelecorbusier.com
Office de tourisme de Firminy - Tél. : 33 (0)4 77 61 08 72